Déjà conscient, fin des années 80, des problèmes d'avenir, à savoir:

le développement du phénomène de résistance des organismes nuisibles aux pesticides,
l'utilisation intensive des pesticides responsables des nuisances environnementales et de santé publique,
la mondialisation du commerce nécessitant la production de fruits de qualité,

un petit nombre d'arboriculteurs wallons de la région de Visé a décidé d'arrêter la production dite classique, où les pesticides sont utilisés abondamment et selon des schémas préétablis, pour produire "autrement" en s'inspirant des techniques intégrées déjà existantes en Suisse. Ainsi est née, en 1988, l'asbl GAWI (Groupement d'Arboriculteurs pratiquant en Wallonie les techniques Intégrées) regroupant ces arboriculteurs soucieux de "se différencier par la poursuite d'un objectif qualitatif et d'une culture plus respectueuse de l'environnement et de la santé".

Parti, il est vrai de la "lutte intégrée", c'est à dire d'une lutte non-systématique contre les organismes nuisibles, déclenchée uniquement après estimation des possibilités de régulation naturelle (présence d'organismes auxiliaires) et du risque de dégâts réellement encouru, ce système a très rapidement dépassé ce stade pour en arriver à celui de la "production intégrée".

L'expression "production intégrée" est plus adéquate dans la mesure où les techniques de l'arboriculteur "en intégré" ne se limite pas à la protection de la culture, mais implique également les autres facteurs culturaux: l'entretien du sol, la nutrition de l'arbre, l'éclaircissage des fruits, les dates de récolte, l'aménagement de l'environnement, etc.

Après quelques années, ce groupe pionnier a entraîné un grand nombre de ses compagnons arboriculteurs sur la route exigeante de la production intégrée, aussi bien en Wallonie, en Flandre que chez nos voisins français du Nord Pas-de-Calais.

Cette entreprise fut couronnée de succès en 1996 par la reconnaissance officielle de la production intégrée des fruits à pépins.

Lentement, l'arboriculture fruitière change de visage, soucieuse de la qualité de ses fruits, plus respectueuse du consommateur, de l'environnement et de la santé humaine. Bien que la production intégrée des fruits à pépins soit, sans nul doute, un succès (69 % de la surface des vergers wallons), elle ne représente encore que 12 % de la production nationale de pommes et de poires et son devenir requière une attention toute particulière et des efforts incessants aussi bien du monde politique, des professionnels que des consommateurs eux-mêmes.

Dans ce sens, l'asbl GAWI est encore à la base de la constitution d'un Groupement Européen des Arboriculteurs Pratiquant la Production Intégrée (GEAPI).